Hommage à Dominique Gallois

Le 29 mars 2010, le Docteur Dominique Gallois, qui présidait l'Association du Musée de Liffol-le-Grand, nous a quittés à la suite d'une maladie contre laquelle il a lutté avec courage, jusqu'au bout. Avec Dominique Gallois disparaît, comme avec Bernard Counot il y a peu, un grand pan de l'histoire de notre association. Avec lui qui a consacré sa carrière au soulagement de la souffrance des autres, nous quitte un amoureux de la vie, de l'histoire, des arts et de la beauté sous toutes ses formes .Né le 28 mars 1952 à Neufchâteau, il perdit, à l'âge de l'enfance, sa maman et fut élevé chez sa grand-mère à Aillianville, village auquel il fut toujours attaché en occupant des mandats de conseiller municipal et d'adjoint au maire. L'un de ses motifs de fierté était d'ailleurs la restauration intérieure de l'église du village et la mise en valeur de son mobilier religieux. Ses études le menèrent à Nancy, où il s'orienta vers la médecine alors que ses professeurs, aimait-il à plaisanter, lui conseillaient la mécanique automobile... Stagiaire à Vittel, il soutint sa thèse sur l'hôpital de la station thermale et s'installa comme médecin généraliste à Bazoilles-sur-Meuse puis, en 1988, à Liffol-le-Grand. C'est à ce moment qu'il adhéra à l'Association du Musée en exerçant les fonctions de trésorier-adjoint puis il en devint le président en 2007, le coeur meurtri par la disparition de son ami, Bernard Counot. Pour lui, une association était au sens propre la réunion des "socii" dirait-on en latin, des compagnons  qui partagent  le même pain, les mêmes bonnes volontés et les compétences complémentaires, poursuivant un même projet commun dans un esprit d'estime mutuelle par-delà leurs différences. Ce qu'il apporta, c'est le souci d'étendre la notoriété et le rayonnement de notre musée, à la fois modeste par ses dimensions mais riche d'un inestimable patrimoine local dont Bernard Counot et Dominique Gallois ont toujours défendu la conservation sur place, dans la commune, pour en éviter la perte et la dispersion. Le caractère entier de Dominique cachait surtout la volonté de réussite des projets du musée, projets parfois un peu fous qui rendaient certains d'entre nous un peu dubitatifs; mais ne faut-il pas "être susceptible d'illusions" comme Emilie du Châtelet le suggérait dans son "Discours sur le Bonheur"? Construire un musée à Liffol? Il fut de ceux qui l'ont porté sur les fonts baptismaux et, d'un "dépôt de fouilles" en ont fait, avec d'autres bonnes volontés, un musée digne de ce nom. Présenter au public deux authentiques momies égyptiennes avec leur sarcophage dans une petite ville de l'Ouest vosgien? Il fut la cheville ouvrière de cette retentissante exposition, les amitiés nancéiennes faisant le reste. Publier "l'Histoire de Liffol-le-Grand", masse documentaire en sommeil depuis de longues années et travail de longue haleine d'André Mouzon? Le succès dépassa nos espérances, le stock étant épuisé en trois mois prélude à une politique de publication concrétisée par la parution de la biographie de Fixary et bientôt les Cahiers de fouilles des frères Roussel, que Dominique a constamment encouragée. Organiser régulièrement des sorties culturelles annuelles? Dominique se mua souvent en pourvoyeurs de candidats pour remplir nos bus à destination d'Alésia, de Bibracte, de Metz, de Trèves.... Il sera évidemment le grand absent du voyage à Pompéi qui lui tenait tant à coeur. Dominique vivait ses passions "par sauts et gambades", comme disait Rabelais, passant de l'une à l'autre avec la même fraîcheur et la même alacrité. Vieux Lorrain passionné d'histoire locale, il pensait que vouloir connaître le passé de son pays, au sens large comme au sens étroit, c'est apprendre à l'aimer. N'était-il pas fier de montrer à ses invités son édition complète de "l'Histoire de la Lorraine" par Dom Calmet, l'alignement des forts volumes n'étant interrompu que par un modeste signet à la page de Liffol-le-Grand?Outre son intérêt pour le passé nous connaissions son goût pour les plantes, les beaux-arts, le football, toutes passions qui tendent à la réalisation de l'idéal de "l'honnête homme". Dans ces circonstances, nous nous associons à la peine de son épouse, Jacqueline, et de ses enfants, Alexandre, Jean-Baptiste et Lorraine. Mais nous pensons aussi, quand la Vie s'éloigne, à ces vers plein d'espoir d'Emile Verhaeren:   

                                   
  Nous qui sommes                                                 
Les hommes                                             
Qui descendons                                           
Vers les ombres voilées                                         
Et les brouillards de la vallée,                                                      Et qui croisons                                     
Ceux qui, d'une marche prompte,                                                          Montent,                                                   
Ne parlons pas                     
Des chemins qui ont fait pesants et las nos pas                                    Mais disons leur, la main tendue:                                  "Hommes jeunes dont les cerveaux                             
Sont clairs et dont les yeux sont beaux,                                                  Montez là-haut                         
Les exalter parmi le vent et l'étendue."

Adieu Dominique et merci.   





Site web créé avec Lauyan TOWebDernière mise à jour : samedi 10 août 2013